Lundi 15 octobre – 18h30-Bras de Fer

Bonsoir à tous,

Ravie de vous voir aussi nombreux pour le lancement de cette démarche à laquelle nous vous avions convié ce soir. Merci d’autant plus que je sais que bon nombre d’entre vous ont des vies plutôt chargées, que ce soit les activités professionnelles, la vie familiale, la vie personnelle.J’apprécie d’autant plus le fait que vous soyez là ce soir pour une démarche qui est assez inédite dans ses objectifs comme dans la méthode que j’ai souhaitée proposer.

L’idée ce soir, c’est de vous faire partager l’état d’esprit de cette démarche Nantes labo 258. Peut-être d’abord de vous dire un mot sur ce titre puisque certains d’entre vous m’ont demandé ce qu’était ce mot, cette invention, ce à quoi ça renvoyait.

Nantes Labo 258 finalement c’est assez simple ! Nantes, je crois que je n’ai pas besoin d’en dire plus ! Labo, c’est cette idée que je vous invite à phosphorer ensemble, à inventer ensemble, à partager nos idées, nos imaginations. Et puis ça s’inscrit aussi dans l’histoire nantaise. Nantes c’est la ville de Jules Verne, qui nous a invité à voir grand, à voir nouveau, à voir autrement, qui nous a embarqué dans de multiples aventures. S’il y a 150 ans, Jules Verne nous a invité à faire le tour du monde en 80 jours, moi je vous invite en fait tout simplement à faire le tour de Nantes en 258 jours.
Alors vous allez me dire pourquoi 258 ? Tout simplement parce qu’entre ce soir et le 30 juin, il y a 258 jours. Donc je vous invite à embarquer pour une année scolaire. Pour imaginer ensemble, proposer ce que j’appelle des utopies pragmatiques. A première vue, ces deux mots peuvent paraître presque inconciliables. Moi je suis attachée aux deux ! Les utopies parce que je pense que dans le monde d’aujourd’hui on a bien besoin de continuer à rêver, on a bien besoin d’avoir des desseins collectifs, on a bien besoin de se dire qu’il y a pleins de choses possibles et imaginables. Et puis pragmatiques parce que je peux vous garantir que quand on est maire d’une ville, on a les deux pieds bien dans la réalité, dans le concret, dans le quotidien et que c’est la conjugaison des deux qui est assez essentielle.

Alors à partir de quoi je vous invite à construire, à imaginer ces utopies pragmatiques ? J’ai envie de dire tout simplement à partir de ce que nous sommes. Moi je suis une femme de gauche avec des convictions assumées comme telle. C’est le fruit de mon éducation, c’est le fruit de mon parcours, dans la vie associative, dans la vie professionnelle, c’est mon attachement très fort à la question des quartiers populaires. C’est cette idée qu’on doit toujours se poser la question « comment on fait pour que l’égalité soit plus concrète, qu’elle soit plus réelle ? ». C’est ce qui m’anime depuis toujours et je sais que c’est le cas pour un bon nombre d’entre vous ici, avec des parcours et des horizons pourtant extrêmement différents.

Et puis nous partons avec ce qu’est Nantes. C’est une caractéristique pour moi essentielle de la démarche. Cette démarche elle est singulièrement nantaise. D’abord parce que je crois que notre point commun à tous ici c’est d’aimer cette Ville. Nantes c’est ma ville, c’est votre ville, c’est notre ville, c’est une ville qui est à la fois une ville qui a une longue histoire, une grande histoire, c’est une ville qui a des fondamentaux. Les fondamentaux de Nantes c’est que dans cette ville il y a 11 quartiers et que ces 11 quartiers comptent avec la même importance. Les fondamentaux de Nantes c’est que dans notre ville, les quartiers populaires ne sont pas à l’extérieur de la ville. Les fondamentaux de Nantes c’est qu’il y a une diversité de tissu économique, une diversité d’entrepreneurs qui contribuent à la dynamique de la ville. La singularité de Nantes c’est la place si particulière qu’on a voulu donner à la culture. Je pourrais continuer comme ça longuement la liste.

Et c’est à partir de ces fondamentaux qu’avec mon équipe, on a à la fois voulu s’appuyer là-dessus puis en même temps parfois faire différemment, donner un certain nombre d’inflexions. Je ne vais pas toutes les détailler ce soir, ce n’est pas là non plus l’objet. Mais on va lancer après cette soirée un site internet et vous y trouverez un texte dans lequel on essaye de mettre en forme, de donner à voir des inflexions qu’on a voulu impulser depuis 2014.

J’en cite quelques unes.
La première est liée à la transition écologique. Je voudrais m’arrêter un instant sur ce sujet parce que moi, je fais partie de cette génération qui a grandi avec l’urgence écologique et je crois que ça nous impose d’aller vers un changement de modèle. Alors évidemment, à Nantes, on refuse d’opposer la question écologique, la question économique et la question sociale tout simplement parce que ça n’aurait pas de sens. Mais cette question d’un changement de modèle, cette question de notre responsabilité collective face à ce qu’on laissera à nos enfants et à nos petits enfants, elle est vraiment au cœur du projet qu’on imagine pour Nantes. Elle se traduit de manière extrêmement différente, c’est à la fois la feuille de route qu’on a adopté sur la transition énergétique mais aussi le fait d’avoir voulu faire monter en puissance la question de la nature en ville.
Une deuxième inflexion peut-être que j’ai envie de partager avec vous, c’est le rapport à la Loire. Parce que je crois que ça fait partie de la singularité nantaise, que c’est aussi une part de la douceur de vivre à laquelle on est attaché.
Les inflexions qu’on a voulu mettre en œuvre c’est aussi une autre manière de travailler avec les entrepreneurs de ce territoire parce qu’on a besoin là aussi de croiser nos regards.
Et puis la dernière que je citerais, vous le savez, c’est l’attachement qui est le mien au dialogue citoyen. Cet attachement je le maintiens, je le revendique, alors que je sais que ça a parfois interrogé, parfois même fait sourire quelques commentateurs au début du mandat.

Moi je pense que dans une société démocratique où il y a de plus en plus d’abstention, de plus en plus de gens qui ne se retrouvent plus dans aucune organisation politique, on ne peut pas faire l’économie de se demander quel est le nouveau paradigme démocratique, comment on fait pour que chacune et chacun puisse trouver sa place.

Et trouver sa place finalement c’est tout simplement la démarche à laquelle je vous invite ce soir avec trois principes assez simples, trois principes assez clairs.

Le premier c’est l’horizontalité. L’idée c’est de se dire que dans cette salle, vous avez des parcours, vous avez des expériences, vous avez des sensibilités, bref vous avez des choses à dire. Et que notre sujet c’est « c’est quoi la ville que nous voulons dans 10 ans » et puis la ville dont on ne voudrait surtout pas, c’est quoi la ville que nous voulons pour nos enfants, nos petits enfants, nos collègues, nos voisins, celles et ceux qu’on crois. Cette idée de l’horizontalité va se traduire évidemment par quelque chose qui néanmoins s’organise parce que l’horizontalité totale à 250 forcément en terme d’efficacité ça pourrait être un peu compliqué. Moi je suis très attachée à ce que toutes celles et tous ceux qui vont s’engager dans cette démarche, je vais le dire de manière très directe, sachent qu’ils ne vont pas perdre leur temps. Ça ne veut pas dire qu’on sera d’accord sur tout, parce que la démocratie c’est jamais être tous d’accord sur tout. Mais ça veut dire que moi, l’engagement que je prends ce soir, c’est que votre parole soit respectée.
Respectée ça veut dire que derrière cette idée d’horizontalité, il y a la notion de transparence, il y a la notion d’information, il y a le fait que chacun peut contribuer à partir de ce qu’il est. Donc pour organiser cette horizontalité j’ai proposé à 16 personnes de la société civile, 8 binômes de la société civile, et je les remercie par avance, de venir animer les premiers ateliers, les premiers groupes de travail. Concrètement comment ça va se passer ? Ce soir on va lancer 8 groupes sur 8 sujets. L’idée, c’est que ces groupes travaillent, phosphorent pendant 3 mois et donc dans la suite de la soirée, vous serez invités à vous inscrire dans ces groupes de travail. Et puis on se retrouvera au mois de janvier pour faire un premier point en assemblée un peu plénière et on repartira pour une 2ème série de groupes de travail. Et puis on se donnera un nouveau rendez-vous au mois d’avril. Et du mois d’avril jusqu’au mois de juin, on aura un nouveau défi et je le dis par avance, celui-là ne sera sans doute pas le plus évident ! Il s’agira de faire converger ces différents ateliers parce qu’une ville n’est pas segmentée, il n’y a pas d’un côté ce qu’on fait en matière de culture, de l’autre côté ce qu’on fait en matière de transition écologique, encore ailleurs ce qu’on fait en matière de sécurité et encore dans un autre endroit ce qu’on fait en matière de petite enfance. Le projet doit avoir sa cohérence et donc d’avril à juin, sous une forme qu’on aura à inventer ensemble, certains parlent de manifesto, d’autres de corpus de ce qui nous rassemble. En tout cas l’idée c’est que tout le travail qui aura été fait par les différents groupes de travail puisse venir converger pour formaliser quelque chose qui nous ressemble pour écrire ensemble une nouvelle page pour Nantes.

Une nouvelle page pour Nantes avec l’objectif de se dire que dans une ville il y a à la fois des sujets très concrets, j’en cite deux pas au hasard du tout : la sécurité et la propreté. Je les cite évidemment parce que je les entends tous les jours et je le dis ce soir, ça fait partie des questions sur lesquelles on doit progresser c’est une évidence. Mais en même temps dans la 6ème ville de France, on travaille à toutes les échelles, l’échelle de la plus grande proximité, celle des Nantais au bout de leur rue, l’échelle du quartier, le travail de la Métropole avec les 24 communes, le travail avec Saint-Nazaire, le travail dans le Grand-Ouest avec Rennes et Brest, le travail à l’Europe aussi il y a un certain nombre de participants ce soir qui sont engagés dans la vie européenne, je pense que c’est absolument essentiel.

Donc ce principe de l’horizontalité c’est tout sujet, toute échelle de territoire et zéro tabous. J’insiste sur cette question, il n’y a aucun sujet qui doit être mis sous le tapis, il n’y a aucun sujet interdit et il n’y aucun sujet ou aucune question idiote parce que je pense que des petites ou grandes questions, c’est ça qui fait aussi une ville.

Donc le premier principe l’horizontalité. Le 2ème la diversité. Vous le voyez ce soir et je pense que vous vous en rendrez encore plus compte dans les échanges qui pourront avoir lieu après, il y a ici nombre de générations de Nantais. D’abord en âge. Mais des générations aussi d’ancienneté dans notre ville, il y a des gens qui habitent ici depuis 50 ou 60 ans et il y en a qui ont rejoint l’aventure nantaise il y a 3 semaines. Il y a des hommes et des femmes qui travaillent dans le public et il y a des hommes et des femmes qui travaillent dans le privé. Il y en a parmi vous qui sont engagés dans la vie associative et d’autres pas du tout et qui m’ont dit « moi ça me dirait absolument pas de m’engager dans ce type de logique ». Cette diversité nantaise elle est extrêmement importante et c’est quelque chose qui a beaucoup occupé nos premiers échanges, les binômes des groupes de travail le diront peut-être eux-mêmes, en se demandant comment on s’assure que dans nos groupes on va chercher la parole de celles et ceux qu’on n’entend pas toujours, de celles et ceux qui ne viennent pas forcément spontanément dans une démarche comme celle que nous proposons.

Donc le 2ème principe la diversité. Le 3ème c’est la liberté. La liberté ça veut dire que quand moi je fais le choix de ces groupes de travail, je fais clairement le choix de vous confier les clés, avec un objectif clair, assumé, je l’ai dit, contribuer à écrire une nouvelle page pour Nantes à partir de cette ébullition collective. La liberté c’est celle du temps aussi. Ce soir je ne vous invite pas à embarquer pour l’éternité, ni même forcément pour les deux ans qui viennent. Je vous invite à embarquer pour 258 jours. Bon je ne vous cache pas que j’espère bien qu’une partie d’entre vous auront envie de continuer à embarquer après le mois de juin dans la séquence qui suivra mais on n’y est pas encore. Et je tiens à ce qu’on n’y soit pas encore parce que pour l’année scolaire qui vient, c’est d’abord le temps des idées, c’est d’abord le temps des projets, c’est d’abord le temps du partage, c’est d’abord le temps de l’ébullition. Et puis la liberté c’est aussi la liberté sur la manière de contribuer. Ce soir, je vous invite à contribuer d’au moins 3 façons, auxquelles s’ajoutent toutes celles que vous allez pouvoir imaginer.
La première pour celles et ceux qui le voudront, c’est de s’inscrire dans les groupes de travail qui vont être présentés ce soir. La 2ème c’est ce que certains d’entre vous ont déjà dit « bon c’est sympa tes histoires mais moi j’ai pleins de trucs à faire donc je veux bien simplement venir aux séances plénières parce que ce qui m’intéresse c’est d’entendre le retour, la restitution des groupes de travail ». Puis la 3ème manière de contribuer je le dis parce qu’elle est aussi importante pour la réussite de la démarche c’est qu’un certain nombre d’entre vous puisse dire voilà moi je suis animateur dans le socio-culturel, j’ai l’habitude d’animer des réunions ou je suis formateur ou j’ai à disposition un local à mettre à votre service pour tenir tel ou tel atelier ou j’ai des talents de cinéaste ou de photographe, bref j’ai un talent, une contribution à amener à la démarche et là aussi soit ce soir soit par le site internet vous pourrez le faire savoir.

La liberté enfin c’est vraiment la liberté de venir avec ce que vous êtes, avec vos regards critiques, avec le fait que cette ville est singulière, vraiment, et j’insiste c’est pas une formule de le dire. Moi je crois qu’il y a aujourd’hui un risque dans les grandes villes françaises et européennes c’est que demain toutes les grandes villes se ressembleraient. Partout on consommerait pareil, partout on habiterait pareil, partout on aurait les mêmes pratiques culturelles et les mêmes modes de gouvernance comme on le dit maintenant à peu près à toutes les sauces. Je sais vos engagements, votre vitalité, et je crois vraiment que c’est la force de notre ville d’inventer une autre histoire, une histoire un peu différente, une histoire qui raconte quelque chose et surtout une histoire qui soit utile pour les Nantais, pour tous les Nantais et notamment pour les plus fragiles, ceux qui me connaissent bien savent que c’est quelque chose auquel je suis de manière indéfectible très attachée.

Alors la liberté c’est de venir avec tout ça, avec cette envie. Peut-être ce soir certains sont là parce qu’ils sont convaincus de la démarche, d’autres sont là par curiosité, d’autres encore sont là et j’en suis à peu près sûre en se disant « mais est-ce que c’est que de la com’ ou est-ce qu’il y a un vrai truc derrière et on va vraiment pouvoir faire des choses ? ». Quelle que soit la situation dans laquelle vous êtes en tout cas, vous êtes les bienvenus ! Cette démarche sera aussi ce que nous en ferons collectivement. Moi je fais le pari de la confiance dans cette démarche. Je crois que de ce partage d’idées, de ce partage de propositions, on peut écrire des choses qui soient utiles pour l’avenir de notre ville donc je ne vais pas être plus longue, je vais vous dire à nouveau un grand merci d’être tous là ce soir et puis ce que je vous propose c’est de pouvoir passer la parole aux 4 premiers binômes qui puissent partager avec vous les idées des groupes de travail et qu’on ait ensuite un premier temps de débat mais je crois qu’on se rendrait encore mieux compte des choses quand vous aurez eu la présentation des premiers sujets qui sont proposés. Je le dis d’emblée, ils ne sont pas exhaustifs, ça veut dire que toutes les propositions pour la suite et tous ceux qui se sentent de rejoindre ces groupes d’animateurs sont aussi les bienvenus !