Lancé le 15 octobre 2018 avec plus de 300 personnes, le « Nantes Labo 258 », est un laboratoire nantais pour expérimenter, tester, proposer de nouvelles idées, de nouvelles façons de faire, de voir les choses pour Nantes.
Cette démarche singulière de débat et réflexion a été ouverte pendant 258 jours à celles et ceux qui le souhaitaient : un appel à réfléchir collectivement sans tabou, pour approfondir l’action déjà engagée par Johanna Rolland, pour ouvrir des voies audacieuses, et pour faire grandir ce que nous partageons en commun, ce qui nous rassemble pour Nantes.
Le travail a été organisé sur 3 cycles de 3 mois, jalonnés par des temps de débats communs alimentés avec des ateliers de réflexions abrités sur des sujets portés par des volontaires.

Entre octobre et juin, la communauté Nantes Labo 258 s’est retrouvée autour de :

4 grandes labo-soirées,

12 ateliers de travail thématique ouverts à tous :
24 animateurs de la société civile d’horizons totalement différents (avocate, médecin, slameur, chercheur, directeur artistique, présidente d’association, entrepreneur, syndicaliste) ont eu carte blanche pour animer des ateliers de réflexion.
Ce sont eux qui ont choisi les thèmes à explorer, composé leurs binômes et déterminé leur méthode de travail et d’organisation (sorties terrain, vis ma vie, auditions, réflexions collectives…) mais aussi leur format de restitution.

11 labo-quartiers pour aller vers les habitants :
Durant une soirée, dans un quartier, les réflexions ont porté autour d’un thème.
Pour lancer les échanges, 24 lanceurs de débats ont exprimé leur vision, leurs sensibilités, leurs expériences, leurs alertes, leurs propositions sur un sujet donné à partir desquels, les participants ont travaillé à une production collective.

=> Le temps de la production collective :
Au 29 avril 2019, les 11 ateliers de travail thématique et les 11 labo-quartiers pour aller vers les habitants de la démarche Nantes Labo 258 se sont terminés.
Ils ont réuni plus de 400 contributeurs actifs sur plus de 100 séances de travail collectives depuis octobre 2018.
Ces travaux ont ensuite été compilés pour entrer dans le temps de la synthèse des productions, de la rédaction du socle commun qui aura émergé des multiples temps de travail. Un groupe de volontaires s’est réuni pour lire l’ensemble des documents produits et croiser leurs regards afin de repérer les traits communs et les inspirations du projet de Johanna Rolland.
Au total ce sont 632 propositions concrètes (soit 27,6 propositions par groupe en moyenne) qui ont été formulées.

=> Les points communs retenus :
1/ Le besoin de transversalité entre les politiques publiques, les lieux, les acteurs, les besoins, les fragilités et les freins.

2/ Le besoin de faire commun autour de valeurs et d’attitudes communes : volonté de vivre et de faire ensemble, l’engagement citoyen actif, la culture de l’égalité réelle, une forte demande de transparence sur les pratiques de la collectivité.

3/ Le besoin d’apprendre, transmettre, transformer est considéré comme levier pour transformer les façons de faire et de vivre la ville : que ce soit l’accès à la culture, la possibilité de faire du sport, l’égalité femmes-hommes …la collectivité est fortement attendue sur sa capacité à créer les conditions matérielles et financières pour mieux apprendre ensemble tout au long de la vie.

4/ Mieux concilier les échelles territoriales : faire de Nantes une ville plus proche, plus souple, plus agile.
La diversité des échelles est identifiée comme un facteur de dilution, alors que les Nantais veulent se sentir proche de leur lieu de résidence. Aussi, l’importance des questions du quotidien est revenue souvent, que ce soient sur la propreté ou la sécurité des espaces publics. Il en découle naturellement la question des doublons : comment les éviter en mutualisant les lieux et moyens ?

5/ Trouver localement des réponses aux enjeux globaux : si continuer d’expérimenter et de défricher pour garder un temps d’avance et s’ouvrir sur le monde fait largement consensus, deux paradoxes ont fortement émergés :
– le premier a trait au développement et à la croissance ; faut il accélérer ou ralentir ?
– la seconde : face à l’urgence, devons-nous faire des choix radicaux ?
En matière d’écologie, d’égalité et de démocratie, des propositions concrètes et radicales sont formulées.

6/ Identifier les freins à l’initiative et à l’action citoyenne : de nombreuses propositions sont faites pour mieux personnaliser l’information, pour mieux utiliser les lieux de rencontres existants et fréquentés par les Nantais pour transmettre l’information, pour mieux identifier les procédures et être accompagnés, et enfin mieux vivre la ville quelque soit son âge, son lieu d’habitation, ses contraintes personnelles vécues ou subies.

7/ Accompagner les plus fragiles et les accidents de parcours : des solutions pour mieux coordonner l’action de la collectivité de manière transversale sont proposées. Si la gratuité est une piste de solution, la nécessité de lieux refuges et de rencontres sont très demandés.

Cette contribution collective a été rendue publique lors du dernier temps fort de l’aventure ce lundi 1 juillet.

=> Le financement de la démarche :
L’association support du Nantes Labo 258 s’est appuyée sur un financement participatif pour financer les labo-quartiers, les labo-soirées ainsi que les productions des documents du Nantes Labo 258.
Les dons récoltés ont permis de régler les dépenses générées par cette démarche collective :
• 30 % pour la location des espaces et du mobilier pour organiser les événements
• 30 % pour les frais logistiques (soirées conviviales, impression d’affiches et de documents divers pour travailler)
• 40 % pour produire le rapport final
Au total ce sont 2500 euros qui ont été récoltés.

=> La réaction de Johanna Rolland :

« Je remercie très sincèrement l’ensemble des 400 Nantais qui ont contribué activement à la démarche, ainsi que celles et ceux qui ont participé aux 3 dernières labo-soirées. C’était un pari, un risque assumé. Car en effet, cette démarche était inédite pour nous tous ! De l’idée de la démarche, à la mise en mouvement d’un collectif de personnalités qui ne s’étaient jamais croisés avant … nous avions tout à inventer ensemble. Quand je vois le temps et l’énergie mobilisés par chaque animateurs et lanceurs de débat : je me dis qu’il y a ici aussi un ingrédient clé de la réussite de la démarche.
Ce soir, la dernière labo-soirée est le moment de l’aboutissement de la démarche : c’est, le temps de la remise officielle de la production collective qui inspirera le futur projet municipal. Je suis enthousiasmée par le rapport que le labo 258 me remet ce soir : d’une part son ampleur et la richesse de son contenu, mais également par l’énergie et l’envie de Nantes qu’il contient ».